Archive pour mar  

Les bâtons de randonnée

Lu dans “L’équipe Magazine” du 29 mars 2008 :” EST-CE VRAIMENT UTILE ? […] Pendant la descente, ils favorisent la stabilité et réduisent les risques de chute tout en diminuant les chocs répétés sur les genoux et le dos. Leur utilisation est particulièrement recommandée pour les longues marches avec un sac lourd. Nous vous conseillons d’utiliser deux bâtons.”

RANDONNEE

Je suis entièrement d’accord avec Laurence LARRIERE (l’auteure de cet article) sur le fait qu’il faut absolument utiliser des bâtons de marche lors des randonnées, plus particulièrement celles en montagne à fort dénivelées.

Bien sûr, le premier intérêt est la sécurité qu’ils procurent. Par ailleurs, ils jouent un rôle préventif en évitant les chondrites rotuliennes, appelées aussi syndrômes rotuliens (voir l’article “La rotule“).
Quand vous descendez (pentes, escaliers, flexions…), le genou se fléchit et la pression sur le cartilage de la rotule augmente de manière très importante.

GENOU EN FLEXION GENU VALGUM

Si, de plus, vous avez des jambes en X (en genu valgum), il va y avoir une inflammation du cartilage de la rotule qui va provoquer des douleurs à la pointe de cette dernière. En utilisant des bâtons, vous décharger vos genoux et limitez les pressions. Dès le mois d’août, je reçois au cabinet des patients (en majorité des femmes, genu valgum oblige) qui rentrent d’une rando de 7 jours avec 800 mètres de dénivelé par jour. Au bout du troisième jour, des douleurs commencent à apparaître au niveau du genou

Ensuite, c’est le traitement classique de la chondrite rotulienne. Avant d’en arriver là, je ne peux vous conseiller qu’une chose : limitez la pente et le dénivelé, et prenez des bâtons. Et surtout, étirez-vous avant et après l’effort ! Cela limitera les problèmes !

Bonne rando !

La hernie discale

Lu dans “L’équipe” du 22 mars 2008 : “Willy Sagnol, le défenseur du Bayern Munich, sera encore absent des terrains une douzaine de jours. L’arrière droit des bleus souffre en définitive de deux hernies discales et les médecins du club lui ont prescrit le repos.”

sagnol

Dans ce cas très précis de Willy Sagnol et par manque d’information, je n’ai aucune idée de la localisation de ses hernies discales. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il existe des hernies à tous les niveaux de la colonne vertébrale (lombaire, dorsale ou cervicale). La hernie, c’est un morceau du disque intervertébral qui vient comprimer un nerf dans le canal rachidien. Pour éviter l’intervention chirurgicale (qui n’est pas systématique), on propose avant tout le repos et des massages décontracturants des muscles paravertébraux. Plus ces muscles seront détendus, plus les chances que la hernie disparaisse augmentent.

En effet, la hernie survient lors d’un pincement important de deux vertèbres, pincement qui est entretenu par la puissance des muscles paravertébraux. Si on arrive à détendre ces derniers, on a gagné (…ou presque !). J’avais un professeur de médecine qui conseillait de prendre trois temps de 20 mn allongé sur le dos sans oreiller pendant la journée, histoire de soulager le dos. L’idéal serait de séjourner sur la lune en limitant l’effet de la pesanteur et le pincement discale ! Pas forcément à la portée de toutes les bourses…

Restons sur terre ! Au niveau de la rééducation, en plus des massages, on pratique beaucoup d’étirements (à condition qu’ils se fassent sans douleur) toujours dans le but de relâcher les pressions sur les vertèbres. Pour ma part, je fais des étirements de type contracté-relâché : on demande au patient de contracter ses muscles pendant 6 secondes minimum, de relâcher 6 secondes, puis j’étire pendant 6 secondes. J’utilise les membres inférieurs comme bras de levier afin de rééquilibrer le bassin qui est la base du dos.
Par la suite, il sera important de “fixer” les vertèbres par de la gym abdo-fessier (voir les 2 articles).

Ligament croisé antérieur : à quand la reprise ?

Lu dans “L’équipe” du dimanche 2 mars 2003 : “ALLÉLUIA, Mary Pierce va bientôt rejouer ! Après seize mois d’errance, de Vail à Londres, de Paris à Bradenton via Munich, la Française semble avoir enfin consommé cette rupture des ligaments du genou gauche qui n’en finissait plus de gâcher sa vie depuis le tournoi de Linz, en octobre 2006. De rechute en complication, la grave blessure avait mué en douloureuse meurtrissure.”

pierce

Après une rupture du ligament croisé antérieur opérée, se pose la question des délais de reprise du sport. A l’origine, le délai de 6 mois est incompressible. En effet, après deux mois de rééducation intensive (5 fois/semaine), on passe à 3 fois/semaine pendant les deux mois suivants, puis 1 ou 2 fois/semaine jusqu’au sixième mois, date de la reprise. Ensuite, cela va dépendre du sport pratiqué : natation, vélo… pas de problème. Pour les sports collectifs, on attend huit à dix mois. Pour le ski, douze mois, du fait du bras de levier du ski qui crée une torsion importante du genou.

Cela va dépendre également de l’âge du patient : en dessous de 30 ans, la récupération du muscle se fait sans problème. En revanche, au-dessus de 30, c’est autre chose. Il faut “charger” beaucoup plus pour récupérer, ce qui implique des douleurs tendineuses beaucoup plus importantes. Si la rééducation est mal conduite, on peut facilement se retrouver avec des douleurs à la pointe de la rotule de type chondrite rotulienne (déséquilibre musculaire entre le vaste interne et le vaste externe).

Pour ma part, ayant été opéré en mai 2003 à l’âge de 41 ans, j’ai attendu 10 mois pour reprendre le squash malgré une rééducation bien conduite, et 13 à 14 mois pour ne plus rien ressentir…

En conclusion, il faut être patient ! Surtout, ne pas vouloir brûler les étapes de rééducation, respecter les douleurs et les délais.

|