Archive for the ‘colonne vertébrale’ Category

L’impact des semelles sur le dos

Dimanche, novembre 21st, 2010

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Est-ce que les semelles orthopédiques peuvent être dangereuses ?

Drôle de question, me direz-vous ! Comment imaginer qu’une orthèse puisse être dangereuse pour le corps, et avoir notamment des répercussions sur la colonne vertébrale ? En les compensant !

Je ne suis pas là pour me mettre à dos tous les podologues qui réalisent des semelles orthopédiques sur mesure : au contraire, je sais très bien la conscience et la compétence qu’ils apportent à leur travail et à la réalisation de ces semelles. Cependant, l’expérience et les cas cliniques aidant, je me pose cette question de l’utilité et du danger de compenser en hauteur les semelles. Je ne reviens pas sur l’intérêt des semelles dans le cas de problèmes d’appui (pied plat, maladie de Morton…) car je suis tout à fait pour.

Depuis quelques années, quand on vous fait faire une radio du bassin de face debout, le radiologue mesure systématiquement la différence de hauteur entre le côté gauche et le côté droit par rapport à l’horizontale. A la lecture de ce compte-rendu, votre médecin traitant vous prescrit des semelles avec une compensation de moitié de la hauteur initiale (ex: pour 12mm de différence à gauche notée sur le bassin, on vous mettra une compensation de 6mm sur la semelle gauche). J’ai eu, dernièrement, plusieurs cas qui ont ressenti des douleurs sacro-iliaques voire des cervicalgies et fortes migraines suite au port de semelles. Dans tous les cas, ces manifestations douloureuses ont cédé en enlevant les compensations mais en gardant les semelles.

RADIO BASSIN

Je pense qu’avant toute mise en place de compensation, il y a lieu de s’assurer qu’il existe bel et bien une différence vraie de la longueur des membres inférieurs :
- pour cela, un premier bilan rapide avec un mètre de couturière peut donner une idée du déséquilibre. On allonge le patient sur le dos, jambes tendues et l’on va prendre 2 repères osseux : l’épine iliaque antéro-supérieure (EIAS) qui fait partie de l’os iliaque du bassin et que l’on trouve en descendant avec les pouces en avant et les mains ouvertes sur les deux flancs. L’autre repère est la malléole externe de la cheville. On mesure alors la distance entre ces deux repères et l’on compare avec l’autre côté. Je pense que l’on est précis à 5mm près, ce qui permet de se faire une bonne idée dans le cas d’une grosse différence.
- si l’on veut plus de précision, il faut retourner voir le radiologue pour qu’il fasse une radio de face couchée des deux membres inférieurs en entier et mesurer les os sur la radio. Dans ce cas, on est sûr de la longueur.
Dans le cas de différences supérieures à 15mm, on peut proposer une compensation de moitié (ex: 10mm de compensation pour 20mm de déséquilibre).

En ce qui concerne le déséquilibre du bassin, comme la radio est souvent faite debout, il suffit d’un genou légèrement fléchi au moment de la prise du cliché ou bien d’une rotation du pied ou d’une contracture du dos. Dans le cas de cette dernière, le massage et les étirements du dos peuvent être la solution toute trouvée.

Bertrand JAGNOUX


La hernie discale opérée

Dimanche, novembre 14th, 2010

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LOGO CTMS Lu dans “L’équipe” du 13 novembre 2010 :
Il [ndlr: BUFFON] fut opéré le 4 juillet d’une hernie discale. Après l’intervention chirurgicale, un retour à la compétition au bout de trois à quatre mois avait été évoqué. Or, nous sommes mi-novembre, et BUFFON n’est toujours pas sur les terrains…”
“Absent depuis la fin du mois d’août et opéré d’une hernie, le milieu de terrain de Chelsea, Frank LAMPARD (32 ans), aurait dû faire son retour demain, contre Sunderland. Mais il souffre maintenant des adducteurs, et son indisponibilité a été prolongée de trois semaines.”

Buffon et Lampard : plein le dos
BUFFON - LAMPARD : plein le dos !

Dans le cas de ces deux footballeurs trentenaires, on s’aperçoit que le délai de reprise ne peut être inférieur à 4 mois (délai qui était donné au départ par le neurochirurgien de BUFFON (voir l’article dans “Le Parisien” du 5 juillet 2010).

A l’issue de l’intervention, il faut déjà patienter 6 à 8 semaines avant d ‘entreprendre la rééducation et réapprendre à se positionner dans l’espace, à recruter ses muscles stabilisateurs de la colonne, à retrouver une certaine souplesse. Ensuite, il faut être patient car les douleurs (névralgies) que l’on ressent le long de la jambe, voire dans le gros orteil, vont mettre un certain temps à disparaître. En effet, même si la chirurgie a levé la compression de la racine du nerf sciatique, il faut un certain temps (au moins 6 mois) pour que les connexions nerveuses fonctionnent à nouveau correctement.

Après cette rééducation (on arrive déjà à 3 ou 4 mois de délai), il faudra, dans le cas de sportif de haut niveau et en fonction du sport pratiqué, récupérer une très bonne musculature afin de stabiliser les vertèbres. En revanche, si l’on reprend trop tôt ou de manière trop intensive (dans le cas de LAMPARD), on peut déséquilibrer les muscles abdominaux et adducteurs de hanche et développer une pubalgie.

Je vous renvoie également sur le site de l’Université Bordeaux 2 qui a mis en ligne un film de 18 minutes sur la hernie discale opérée. Ce film, un peu kitch, est néanmoins très bien réalisé et explique bien le mécanisme de la hernie discale. Vous pouvez également consulter des articles du blog sur la hernie discale et la sciatalgie.

Bertrand JAGNOUX




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La position de travail

Dimanche, octobre 11th, 2009

Lu dans le dernier numéro de “L’ordinateur individuel” (octobre 2009), un très bon article de Frédérique Crépin sur Les maux de la micro qui traite de la fatigue visuelle, tendinites, céphalées…

Il met également en avant les troubles musculo-squelettiques (TMS) dues à l’activité intensive devant son écran d’ordinateur sans avoir adapté sa position de travail. En ce sens, le schéma associé à cet article (que je me suis permis de reproduire ci-dessous) ne m’a pas convaincu.

position de travail L'OI

A mon sens, l’assise de la chaise doit être beaucoup plus haute afin que l’angle entre le tronc et les cuisses soit supérieur aux 90° que l’on voit sur le dessin, ce qui évitera de mettre en tension les nerfs sciatique et crural. Cela implique de glisser légèrement en avant du siège afin de garder les pieds au contact du sol et donc de décoller du dossier. Il faudra aussi éviter le repose-pied qui a tendance à refermer l’angle entre le tronc et les cuisses.

POSITION BUREAU

La conclusion est qu’il vaut mieux être assis haut et courbé légèrement en avant sur son clavier (on peut quand même caler 15cm sous les pieds du bureau pour le remonter) que assis bas et collé au dossier. On a la même problématique en voiture où il vaut mieux incliner en arrière le dossier et conduire bras tendus que dossier relevé et nez sur le volant (toujours une histoire d’angle entre le tronc et les cuisses).

POSITION AUTO

Essayez et vous me direz si c’est mieux!

Bertrand JAGNOUX



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La sciatalgie

Dimanche, mars 1st, 2009

Lu dans “L’équipe” du 28 février 2009 : PARIS-SG : Bourillon toujours à l’arrêt. BOURILLON, victime d’une lombosciatique, est encore resté aux soins hier. Il ne figurera pas dans le groupe face à Nancy, […]

bourillon

Je ne vais pas revenir sur l’origine des douleurs sciatiques qui ont été traitées dans l’article sur les lombalgies ni sur le renforcement musculaire du dos et des abdos traité dans les articles sur les exercices abdo-fessiers (1ère et 2ème parties).

Simplement, je vous conseille de vous étirer en suivant les exercices de stretching que j’ai publié la semaine dernière et que plusieurs internautes ont eu du mal à lire du fait d’un petit bug informatique (oui, c’est possible!). En particulier, l’exercice (photos 5 et 6 de l’article) où vous êtes allongés sur le dos, bras en croix, une jambe allongée et l’autre bien tendue, pied en flex, qui croise par dessus, est un excellent exercice pour “débloquer” votre dos. En effet, le pincipal mouvement déclencheur de la douleur est la rotation du bas du dos (ainsi que la flexion).
Rappelez-vous, hier, après avoir fait vos courses du samedi chez l’hyper ou le discounter, lorsque vous avez sorti du coffre de la voiture le pack d’eau et que vous l’avez posé à côté de vos pieds… C’est à ce moment précis que vous avez ressenti un “truc qui fait mal” dans le dos. Les exercices 5 et 6 vous permettront une dérotation de votre dos et peut-être une amélioration de votre douleur.

En conclusion, si les bugs informatiques le permettent, retournez voir les exercices illustrés du précédent article!

Stretchez-vous bien!

Bertrand JAGNOUX



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La pubalgie

Mardi, juillet 22nd, 2008

Lu dans le “Midi Libre” du 22 juillet 2008 : Valbuena opéré. Le milieu offensif de l’OM, Mathieu Valbuena, a été opéré hier d’une pubalgie dans une clinique de Bordeaux. Il devrait être absent des terrains environ six semaines.”

valbuena

La pubalgie est toujours un problème pour les kinés, au même titre que les autres tendinites qui imposent un repos strict de 6 semaines minimum (que les sportifs ont du mal à respecter…), avec en plus une difficulté à cerner le siège de la lésion : s’agit-il des adducteurs de la cuisse, des insertions inférieures des abdominaux, d’une arthropathie de la symphyse pubienne ou des trois à la fois!

Dans tous les cas, il s’agit d’un dérèglement des tensions musculaires qui va provoquer une souffrance au carrefour qui est le bassin : des douleurs au bas ventre ou au niveau inguinal lors de mouvements contrariés du tronc ou de la cuisse.

Premier traitement : le repos strict pendant 6 semaines. Difficile de demander cela à une personne sportive, d’autant plus qu’au bout d’une semaine la personne se sent déjà mieux et ne comprend pas qu’il faille encore attendre 5 semaines avant de reprendre son sport favori (et que dire du haut niveau ou des professionnels!).

Deuxième traitement : la rééquilibration des tensions musculaires. Protocole à base d’étirements doux (dans un premier temps en respectant la règle de non douleur) de tous les muscles ayant une insertion sur le bassin.

Troisième temps : la mobilisation de la symphyse pubienne. Les différentes tensions musculaires provoquent une pression au niveau de la symphyse qui crée une arthropathie (on peut voir, très souvent une image radiographique en “timbre poste” (un peu dentelée) de la symphyse). Une normalisation peut être nécessaire par un exercice simple d’ouverture et de fermeture contrarié par le kiné des deux cuisses (on entend parfois un “clac”) qui va faire jouer cette articulation.

Quatrième traitement : la remusculation. Il s’agit d’être le plus symétrique possible afin d’équilibrer les tensions au niveau du carrefour qui est le bassin. Le travail sera dans un premier temps isométrique (tenir une position sans bouger pendant 10 secondes) notamment sur les adducteurs et les abdominaux (surtout les obliques). Mais il ne faut pas négliger les muscles postérieurs de la colonne lombaire qui vont contribuer à stabiliser l’équilibre du bassin. C’est du gainage.

Cinquième traitement : la reprise du sport. Il faut d’abord privilégier les sports en ligne (natation, vélo, course en terrain plat…). Ensuite, reprise de votre sport en restant à l’écoute de la moindre douleur.

En cas d’échec, c’est la chirurgie comme Valbuena ! Mieux vaut ne pas en arriver là ! Les suites opératoires seront les mêmes : 6 semaines d’arrêt strict, rééducation, remusculation, reprise des sports en ligne à 8 semaines…

Profitez bien de la trêve d’été pour bien vous étirez et prévenir cette pathologie bien embêtante !

Bonnes vacances.

La hernie discale

Lundi, mars 24th, 2008

Lu dans “L’équipe” du 22 mars 2008 : “Willy Sagnol, le défenseur du Bayern Munich, sera encore absent des terrains une douzaine de jours. L’arrière droit des bleus souffre en définitive de deux hernies discales et les médecins du club lui ont prescrit le repos.”

sagnol

Dans ce cas très précis de Willy Sagnol et par manque d’information, je n’ai aucune idée de la localisation de ses hernies discales. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il existe des hernies à tous les niveaux de la colonne vertébrale (lombaire, dorsale ou cervicale). La hernie, c’est un morceau du disque intervertébral qui vient comprimer un nerf dans le canal rachidien. Pour éviter l’intervention chirurgicale (qui n’est pas systématique), on propose avant tout le repos et des massages décontracturants des muscles paravertébraux. Plus ces muscles seront détendus, plus les chances que la hernie disparaisse augmentent.

En effet, la hernie survient lors d’un pincement important de deux vertèbres, pincement qui est entretenu par la puissance des muscles paravertébraux. Si on arrive à détendre ces derniers, on a gagné (…ou presque !). J’avais un professeur de médecine qui conseillait de prendre trois temps de 20 mn allongé sur le dos sans oreiller pendant la journée, histoire de soulager le dos. L’idéal serait de séjourner sur la lune en limitant l’effet de la pesanteur et le pincement discale ! Pas forcément à la portée de toutes les bourses…

Restons sur terre ! Au niveau de la rééducation, en plus des massages, on pratique beaucoup d’étirements (à condition qu’ils se fassent sans douleur) toujours dans le but de relâcher les pressions sur les vertèbres. Pour ma part, je fais des étirements de type contracté-relâché : on demande au patient de contracter ses muscles pendant 6 secondes minimum, de relâcher 6 secondes, puis j’étire pendant 6 secondes. J’utilise les membres inférieurs comme bras de levier afin de rééquilibrer le bassin qui est la base du dos.
Par la suite, il sera important de “fixer” les vertèbres par de la gym abdo-fessier (voir les 2 articles).

La lombalgie

Lundi, février 4th, 2008

Lu dans “L’équipe” du 2 février 2008 : “Laurent Sciarra ne s’est pas entraîné cette semaine, victime d’une lombalgie avec irradiation sciatique”.

LAURENT SCIARRA

Pour répondre à un commentaire posté par Fifi, je vais essayer aujourd’hui de vous parler des lombalgies (le mal de dos). Il a raison de souligner que l’on souffre énormément quand on a mal au dos. Comme toutes les pathologies nerveuses (le nerf se retrouve comprimé), la sensation est intense et constante. On ne s’habitue jamais à la douleur : si vous avez moins mal, c’est que le nerf est moins comprimé. Ce n’est pas parce que vous vous êtes habitué à la douleur. On ne s’habitue jamais à la douleur ! Prenez une rage de dent : tant que votre dentiste n’a pas soigné votre dent, vous aurez toujours aussi mal !

La lombalgie est une douleur au bas du dos, au niveau des vertèbres lombaires (on en a 5). Entre chaque vertèbre, il existe une sorte d’amortisseur qui est le disque intervertébral. Lorsque vous vous penchez en avant et en tournant (sortir un pack d’eau du coffre de sa voiture, par exemple), ces disques se font comprimer par les vertèbres (pour 10 kg portés, il existe une pression de 800 kg/cm² au niveau du dernier disque entre la cinquième vertèbre lombaire et le sacrum !). On peut imaginer que cela fasse mal au dos ! C’est ce que le radiologue vous montre sur une radio de face de la colonne lombaire : vous voyez un pincement discal.

Dans des cas plus graves, on peut avoir une irradiation sciatique (ou sciatalgie). Il s’agit toujours du disque, mais en plus du pincement, il vient comprimer des nerfs. Soit le nerf sciatique (douleur dans la fesse qui peut descendre jusque dans le pied), soit le nerf crural (douleur qui vient sur le dessus de la cuisse et s’arrête au genou) et dans ce cas, on parle de cruralgie.

Le premier traitement est le repos, allongé sur le dos avec un oreiller peu épais sous la tête. Il faut savoir que dans des cas extrèmes (sciatique paralysante où le patient perd ses réflexes au niveau de la jambe et n’arrive plus à relever son pied), on hospitalise le patient en le gardant alité 24 heures sur 24 pendant plusieurs jours, et qu’on peut également l’opérer et “gratter” le disque pour libérer le nerf.

Je vous renvoie sur les articles Exercices abdo-fessiers à titre de prévention dans les lombalgies (plus votre dos sera musclé, plus vous serez protégé).

Je traiterai prochaînement des mesures préventives, en particulier, l’adaptation de votre poste de travail (comment s’asseoir ?, à quelle hauteur ?, etc…).

Bons abdos !

Torticolis

Dimanche, novembre 4th, 2007

Lu dans “L’équipe” du 3 novembre 2007 : “Fofana (torticolis) a suivi une séance en marge du groupe. Il pourrait néanmoins faire partie des dix huit joueurs convoqués,…”

En cette période charnière, on ne sait pas comment s’habiller le matin : fera-t-il froid ou chaud ? Du coup, les torticolis sont légions au cabinet. Les patients ressentent, au réveil, une douleur et une raideur au niveau du cou avec une impossibilité de tourner ou d’incliner la tête à droite ou à gauche. Et quand on leur demande ce qu’ils ont fait la veille : “rien de particulier” si ce n’est une ballade au vent ou une sortie un peu tardive.

Le traitement le plus simple est la chaleur. Chaleur par un foulard en soie, par un col roulé, par la douchette de la douche chaude ou bien par l’air du sèche-cheveux. En rééducation, on rajoutera les infrarouges associés au massage de la région scapulaire en insistant sur les muscles trapèzes (ces gros muscles qui s’étendent du moignon des épaules à la base de la nuque) qui sont en général très contracturés. On rajoutera des tractions légères de la tête (en décoaptation) ainsi que des mouvements passifs en rotation, inclinaison, flexion et extension  afin de récupérer des amplitudes articulaires normales.

On retrouve toute sa mobilité en quelques jours. Lors de douleurs plus intenses, on peut proposer au patient le port diurne ou nocturne d’un collier mousse cervical.