Archive de la catégorie Membre inférieur
Le syndrome de la bandelette
27.10.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Vous êtes beaucoup à courir et peut-être vous plaignez-vous de douleurs aux genoux vers la partie externe de celui-ci lorsque vous pratiquez votre jogging ou vélo quotidien ?!
Aujourd’hui je vais vous parler du syndrome du joggeur, encore appelé syndrome du coureur, du cycliste, syndrome de l’essuie-glace, etc. … et plus scientifiquement le syndrome de la bandelette ou tractus ilio-tibiale.
Lorsque vous courez, des rotations, flexions et extensions se créent autour du système biomécanique du genou.
Un muscle, le tenseur du fascia lata, qui prend son origine au niveau de l’os iliaque (vous pouvez prendre votre bassin à la taille avec vos mains et vous sentez les os iliaques) et vient se terminer (la bandelette) sur la face externe du plateau tibial (tubercule de Gerdy). C’est cette partie tendineuse, qui, lorsque vous créez des mouvements du genou autour de 30° à 40° de flexion (course, vélo, …), vient frotter contre le condyle externe du fémur, et de ce fait frictionne la bandelette qui va entrer dans un processus inflammatoire. C’est cela qui va déclencher la douleur au niveau de cette partie du genou.
A la palpation vous pourrez sentir une douleur au niveau de la zone entourée sur le schéma, les genu varum (genoux en forme de O) et les pieds plats facilitent ce type de pathologie.

Au niveau du traitement, nous avons, au cabinet, opté pour le traitement suivant :
• Les premières séances :
o Traitement antalgique pour lutter contre la douleur (cryothérapie, L.A.S.E.R He-Ne, TENS burst, …)
o Etirement du T.F.L (voir schéma)
• Par la suite :
o Massage du T.F.L et de sa bandelette
o Renforcement des rotateurs externes de la jambe et rotateurs interne de hanche
o Etirement du T.F.L (voir schéma)
o Physiothérapie à visée antalgique

D’autre part, il convient de noter que les éléments suivants permettent d’éviter ou de traiter cette pathologie : des chaussures à changer (parfois trop usées à l’extérieur), semelles de correction d’un trouble dynamique du pied, éviter à l’avenir les terrains bombés, repos, prise d’anti-inflammatoire, mésothérapie…
Flavien Brochard 1ère Master kinésithérapie Bruxelles, stagiaire au C.T.M.S
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Les LCA et méniscectomies : évolution…
4.10.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans l’équipe du 3 octobre 2009 : ” Landreau est très en avance. Mickaël Landreau pourrait reprendre l’entraînement collectif d’ici deux semaines. Le portier du LOSC, opéré d’une rupture du ligament antérieur du genou droit, début juillet, en a presque terminé avec sa rééducation. Il a même pris part à une séance de coups de pied arrêtés en compagnie de Ludovic Obraniak, vendredi après-midi. Alors que l’indisponibilité de l’ancien Parisien avait initialement été estimée à six mois, un retour à la compétition pourrait finalement être envisagé dès le mois de novembre.”
Les délais de reprise sportive sont la grande question de tous nos patients (voir article sur le LCA et la reprise). Tous, veulent également reprendre plus vite que les délais “légaux” donnés par les médecins soit pour raison professionnelle, soit par esprit de compétition. A nous, kinés, de les modérer. En ce qui concerne Landreau, même si les techniques opératoires des ligaments croisés ont évolué (sous arthroscopie), je crois qu’il est encore raisonnable de garder un minimum de 6 à 8 mois pour la reprise des sports collectifs de contact tel le football. Il existe des conflits au niveau de la plastie, de la rotule et de son tendon rotulien, qui apparaissent lors d’une remusculation trop précoce et intensive ainsi qu’une fragilité de la greffe entre le quatrième et le sixième mois.
Au sujet des reprises, un article paru dans L’équipe du 18 septembre 1979 m’a interpelé : “Yatchenko repasse sur le billard. Après quelques timides tentatives estivales, le recordman du monde (2,34 m) a préféré s’en remettre, pour la deuxième fois cette année, aux chirurgiens. L’opération a porté sur le ménisque de sa jambe d’impulsion. A moins d’un an des Jeux Olympiques, le pronostic doit-il être réservé? Le pire n’est pas sûr : après une intervention semblable, Beilschmidt est revenu à son meilleur niveau en moins de six mois…”

Arthroscopie du genou visualisant une lésion méniscale
Aujourd’hui, une ménisctomie se fait sous arthroscopie (voir article sur les méniscectomies) et non à ciel ouvert comme à l’époque (seulement 30 ans!) et les délais de reprise sont de 4 à 6 semaines! Alors quand on voit ces progrès gigantesques de la chirurgie, ne soyons pas trop gourmands sur les délais de reprise et laissons notre corps se reposer et profiter d’une convalescence bien méritée!
Pour la petite histoire, Yatchenko ne s’est jamais remis de son intervention : ” Une seconde intervention, avec ablation du ménisque, se déroule en avril 1980. Mais Yatchenko ne reparaît pas au cours de l’année olympique. En 1983, il sautait encore une dernière fois à 2,10 m. Puis le dernier recordman du saut en hauteur en rouleau ventral tomba dans l’oubli, la mort dans l’âme, car il sait qu’il est loin d’avoir tout donné. Vladimir Yashchenko est mort d’une cirrhose le 1er décembre 1999, à l’âge de 40 ans, après de longues années de problèmes d’alcool.” [source Wikipédia]
Une petite pensée pour mon pote Christophe qui aura, lui aussi, bien besoin de délais et de rééducation pour récupérer sa cheville qu’il vient de briser dans un accident de moto…
Bertrand Jagnoux
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La tendinite rotulienne
21.5.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du jeudi 21 mai 2009 : ” GAEL MONFILS, torturé par son genou gauche, dit pouvoir jouer Roland-Garros. Mais la phrase d’après il n’y croit plus. […] Une heure plus tard, Monfils retirait ses bandelettes et s’en allait en boitant comme un canard […]”
Que peut-on faire pour finir un match de tennis quand on prend des douleurs juste en dessous du genou, à l’attache du tendon rotulien sur le tibia?
Petite expérience à faire sur soi (ou sur le collègue) afin d’affiner le diagnostic et être certain de l’inflammation du tendon : il suffit d’appuyer assez fort avec le pouce sur le tendon et de s’accroupir. La douleur, auparavant présente, devrait céder. Si tel est le cas, on va alors confectionner un petit strapping sur le tendon identique à la photo ci-dessous.

Prenez une bande adhésive élastique d’Elastoplaste ou de Tensoplast de 3 cm de large. Découpez une longueur suffisante (1 fois et demi le tour du genou) que vous allez coller au niveau de la bosse en avant du tibia (la TTA ou tubérosité antérieure tibiale, là où s’attache le tendon rotulien). Il faut penser également à placer sur la TTA et avant le collage de la bande, une petite gaze repliée en 4 qui permettra de reproduire l’appui du pouce que l’on avait dans notre expérience.
Il existe également dans le commerce des orthèses toutes prêtes telles le ChoPat Original Knee Strap de CHORIG ou la Cross Strap de DONJOY.

Pour conclure, il faut bien garder à l’esprit que tous ces moyens ne soignent pas la tendinite (mais masque la douleur au même titre que des infiltrations) et que le meilleur traitement est encore le repos puis les étirements.
Bertrand JAGNOUX
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La canne du Dr Gregory House (suite et fin)
29.4.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Ce soir, j’ai hésité entre regarder le match de ligue des champions entre Arsenal et Manchester United et un énième épisode du Dr House. Bien m’en a pris, car je sais enfin pourquoi ce héro sanitaire de la télé porte sa canne à droite.
Pour clore un débat qui date de juillet 2008 sur sa canne (se référer aux articles du 6 juillet et 25 juillet 2008), il suffit de regarder l’épisode 8 de la saison 3 et du rapport douloureux qu’il a avec sa physiothérapeute ainsi qu’avec une canne tripode…

La voûte plantaire
14.2.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 14 février 2009 : ” MANCHESTER UNITED : EVRA EST LA, PAS ROONEY. Cette fois, c’est la bonne. Annoncé pour le déplacement à West Ham (1-0) le week-end dernier, le retour de Patrice Evra, qui soufrait de la voût plantaire depuis la victoire contre Chelsea (3-0) le 11 janvier, devrait finalement avoir lieu demain à Derby County, en huitièmes de finale de la Cup. “Patrice s’entraîne et il est OK”, a déclaré Mike Phelan, l’assistant d’Alex Ferguson. […]”

Tout le monde le sait bien (et d’autant plus les sportifs): lorsqu’on a mal au pied, on a mal partout! Que ce soit un problème de chaussage trop étroit, de cors, de froid ou d’arthrose, on a mal et on est mal. Pour la voûte plantaire, c’est la même chose.
Petit rappel d’anatomie: l’arche plantaire du pied a un support osseux constitué des os du tarse en arrière et des métatarses en avant. Au niveau musculaire, on trouve différents muscles dont le court fléchisseur des orteils, l’abducteur de l’hallux (le gros orteil), l’abducteur du cinquième orteil et la carré plantaire dans un plan plus profond, plus tous les muscles interosseux entre le métatarses. Sans compter les passages de tendons.
Quand je masse un pied et notamment la voûte, je suis souvent surpris par la présence de “boules” musculaires très sensibles à la palpation.
Mon premier conseil est de prendre un bain de pied chaud quotidien (avec, pourquoi pas, une poignée de gros sel, les remèdes de grand-mère fonctionnant toujours très bien!). Prenez le temps de ce bain (15 minutes minimum) pour masser vos pieds avec vos deux mains, “tordez” les dans tous les sens, dissociez chaque orteil et chaque métatarse l’un de l’autre (la maladie de Morton, bien connue, est la résultante du pincement de deux têtes de métatarse sur un nerf, d’où l’intérêt de les mobiliser).
En second lieu, prenez une balle de tennis. Tenez-vous debout et écrasez-la en faisant avancer votre pied jusqu’au talon puis en le reculant jusqu’aux orteils: ça fait d’autant plus mal que la voûte est contracturée et c’est très bien ainsi! Faites-le tous les jours, vous verrez que cette douleur diminuera rapidement.

Ensuite, amenez votre pied près d’un mur. Laissez-le bien à plat (le talon ne doit pas décoller) et plaquez votre genou contre le mur. Si c’est trop facile, reculez le pied jusqu’à ce que vous sentiez le maximum de tension. restez 30 secondes, recommencez 3 fois.

Enfin, restez près du mur mais reculez le pied d’environ 1 mètre. Mettez vos mains en appui sur le mur sans décoller le talon. De même que ci-dessus, si c’est trop facile, éloignez votre pied de façon à ressentir une tension dans le mollet. Restez 30 secondes, recommencez 3 fois.

Et voilà! Bon courage.
Bertrand JAGNOUX
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Ligament croisé antérieur : opération obligatoire ?
11.1.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 8 janvier 2009 : ” Pas d’opération pour Réveillère. […] Quant à réveillère, victime d’une rupture ligamentaire au genou gauche le 22 novembre à paris (0-1), il va échapper à l’intervention chirurgicale (initialement prévue aujourd’hui) en raison d’une spectaculaire amélioration de l’état de son articulation après un mois et demi de repos et de soins appropriés. la situation du latéral droit olympien sera de nouveau évaluée d’ici quelque temps par le staff médical du club.”

A l’heure actuelle, en ce qui concerne les sportifs, notamment sur les sports qui sollicitent énormément les genoux (football, handball, rugby, ski…), la chirurgie ligamentaire s’impose dans l’urgence. Ceci étant, au début de ma carrière (il y a plus de 20 ans…), le discours des praticiens était différent : j’avais au moins 3 patients sur 5 qui étaient traités orthopédiquement avec une immobilisation pendant 3 à 6 semaines et une rééducation proprioceptive et musclante pendant plus de 2 mois.
A l’issue, le patient reprenait le sport et l’on discutait de l’intervention chirurgicale uniquement dans le cas où le genou gardait une instabilité et le patient, une appréhension. Le rôle du kinésithérapeute était alors prépondérant car il fallait “reprogrammer” le genou et lui “indiquer” que même si le ligament était rompu, les muscles étaient là pour suppléer ce dernier.
Aujourd’hui, on propose ce traitement à des personnes de plus de 30 ans, peu sportives, car on s’est aperçu qu’à terme, le risque d’usure prématurée (arthrose) est très important. On peut donc imaginer un scénario d’attente pour Réveillère (29 ans) qui consisterait, dans le cas d’une bonne stabilité de son genou, à terminer sa carrière sans intervention (il gagnerait 7 ou 8 mois de rééducation) et à se faire opérer par la suite pour éviter l’arthrose et une probable prothèse du genou à 70 ans… Mais ce n’est qu’une fiction!
En attendant, restons au chaud et évitons les terrains gelés! Nos genoux ne s’en porteront que mieux!
Bertrand JAGNOUX
Le ligament croisé postérieur
6.1.2009 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 6 janvier 2009 : “Le milieu international sénégalais de Portsmouth, Bouba Diop (30 ans), touché au ligament croisé postérieur du genou, lors du match de premier League contre Arsenal (1-0), le 28 décembre, sera absent pendant 3 mois.”

Pas de chance pour ce joueur en ce début d’année 2009! Ceci étant, cela aurait pu être bien plus grave si le ligament était antérieur (au minimum 7 mois d’arrêt et une intervention chirurgicale douloureuse)… Pourquoi cette différence entre ces deux ligaments (l’un célèbre, l’autre pas) qui se situent pourtant au même endroit ?
Imaginez une soucoupe de tasse à café qui représente le plateau tibial dans lequel sont plantés les deux ligaments (leurs attaches supérieures seront situées dans le fémur). Croisez le majeur et l’index de votre main et posez-les au centre de la soucoupe : vous y êtes! vous avez devant vous le pivot central du genou constitué des deux ligaments croisés dans l’espace!

Alors, pourquoi cette différence ? Tout simplement, parce que le rôle de chacun n’est pas le même : le ligament croisé antérieur (LCA) empêche le tibia d’avancer par rapport au fémur (on parle de tiroir antérieur). A l’inverse, le ligament croisé postérieur (LCP) retient le tibia pour éviter qu’il ne recule.
La lésion du LCP est également plus rare. Il s’agit le plus souvent d’un choc direct sur le tibia que l’on peut voir dans certains sports mais surtout dans les accidents de la voie publique (le piéton qui se fait renverser par une voiture). Elle se traite de façon orthopédique dans un premier temps, avec une rééducation intensive portant essentiellement sur le renforcement du quadriceps. Au bout de trois mois environ, le patient reprend son activité sportive. Dans le cas, plus rare, d’une sensation d’instabilité de son genou, on pourra discuter de l’intérêt d’une intervention chirurgicale.
Souhaitons à Bouba Diop un prompt rétablissement ainsi qu’un genou tout neuf et à tous nos amis sportifs et lecteurs une très bonne année 2009!
Bertrand JAGNOUX
Petite précision sur le laser…
28.11.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Suite à l’article concernant le laser utilisé sur le tendon de Sylvain Monsoreau, une confusion a pu naître dans l’esprit de nos lecteurs : en effet, la photo du laser présenté est bien le laser à balayage hélium-néon que nous possédons au CTMS, mais ce n’est pas celui utilisé sur Sylvain Monsoreau. Le docteur Tania Bellot nous a apporté cette précision dans son commentaire : il s’agit d’un laser à CO2 thermique de 20 watts.
Je tiens à préciser que lors de la rédaction de mes articles, je m’inspire simplement de la blessure d’un sportif (vu dans “L’équipe”… entre autre) et j’essaie d’expliquer (si possible) certaines pathologies que je traite en cabinet afin de répondre aux questions que se posent mes patients sur les délais de reprise, le mécanisme de leur traumatisme ou le protocole de rééducation…
En ce qui concerne le laser, je ne peux parler que de ceux que j’utilise depuis 1990 : laser hélium-néon et laser infra-rouge couplé hélium-néon. Malheureusement, pratique libérale oblige, je n’ai pas pu faire une étude complète en double aveugle (avec deux groupes tests : un groupe traité au laser, l’autre non). Ceci étant, je peux affirmer, 18 ans d’expérience aidant, que les résultats semblent probants tant pour la diminution du temps de cicatrisation (dans le cas de pathologies fraiches) que pour l’action antalgique.
Pour le laser à CO2, je vous invite à lire l’article du docteur Bellot très intéressant.
Bertrand JAGNOUX
Le laser et Monsoreau
19.11.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 18 novembre 2008 : “Monsoreau absent jusqu’à la trève? […] Perrin pourrait devoir se passer plusieurs semaines de Sylvain Monsoreau. Handicapé par une inflammation persistante du tendon d’Achille gauche, qu’il soigne notamment au laser en effectuant plusieurs déplacements par semaine à Paris, le défenseur a joué ses derniers matchs sans être à 100 % de ses moyens et a décidé de mettre fin à cette situation, avec l’accord du nouveau staff technique. Très diminué à Lille (0-3), il veut être totalement rétabli avant de faire son retour et son indisponibilité pourrait durer jusqu’à la trève […]”

Laser à balayage hélium-néon 10 mW (CTMS Lyon Part Dieu)
La découverte des lasers en 1960, conséquence des plus spectaculaires d’une recherche de 40 années, a eu un énorme retentissement au niveau médical, notamment.
En effet, les lasers de moyenne puissance véhiculent une énergie non destructrice qui se transforme en énergie biochimique permettant la relance du métabolisme cellulaire. Les différentes actions du faisceau laser permettent une résorption oedémateuse et un effet anti-inflammatoire.
Les travaux du professeur Mester commencés en 1966 ont porté sur l’effet du laser au niveau des tissus et en particulier sur les phénomènes de cicatrisation et de néo-vascularisation. Il mit en lumière l’action stimulante de ce type de longueur d’onde rouge sur les cytochromes (qui participent à la synthèse de l’ATP, l’énergie de la cellule) et plus particulièrement celle produite par un laser à gaz Hélium-Néon (632,8 nanomètres). Suivirent alors toute une série d’expérimentations et d’applications in vitro et in vivo.
A terme, c’est donc l’Hélium-Néon qui se développa. Avec cependant un inconvénient qui gêna son application dans des conditions optimales. En effet, ces appareils furent vendus dans les années 80 sans véritables protocoles sérieux, avec un nombre limité de données scientifiques et des puissances très faibles (de 1 mW à 2,5 MW) pour la plupart. Les praticiens, quelque peu déçus par des résultats aléatoires, les revendirent en les bradant. Ce qui généra un a priori défavorable à l’encontre de ce « Soft Laser ».
Les différents types de laser :
Le Laser Hélium-Néon (HeNe), qui émet dans le rouge à 632 nm, avec une puissance de 10 mW a une pénétration d’environ 20-30 mm avec une action cicatrisante.
Les Lasers à diode infrarouge, émettant dans l’invisible à 904 nm, ont à peu près la même pénétration que l’HeNe, avec une action antalgique et anti-inflammatoire.
Le Laser CO2. Sa longueur d’onde est de 10 600 nm (IR lointain, invisible), sa pénétration n’est que de 2 mm, mais sa puissance peut atteindre 50 W en application thérapeutique.
Le CTMS possède deux lasers : un laser hélium-néon 10 mW et un laser hélium-néon couplé à un infra-rouge; le protocole est de 15 à 20 mn par séance quotidienne.
La fracture de fatigue
2.11.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 18 octobre 2008 : “Le finlandais Kalle Palander (14 victoires en coupe du monde) accumule décidément les pépins. Après avoir écourté sa saison 2007-2008 suite à une fracture de fatigue à la jambe droite, le finlandais a déjà tiré un trait sur l’hiver, qui commence le 26 octobre à Sölden. Le technicien (notamment champion du monde de slalom en 1999), qui était lourdement tombé à Ushuaia le mois dernier, a en effet dû stopper son entraînement sur le glacier de Sölden suite à des douleurs devenues insupportables et s’est résolu à se faire re-opérer du tibia droit, jeudi en Finlande […]

Si l’on surfe sur les différents forums, on trouve beaucoup de questions sur les fractures de fatigue ainsi que les périostites qui ont des signes cliniques très semblables. Dans la fracture de fatigue, la douleur à la palpation sera plutôt circonférentielle sur le tibia, alors que dans le cas de périostite, la douleur sera souvent reproduite par les tests isométriques du jambier postérieur (ou tibial postérieur) et des fléchisseurs. Lors du test isométrique, on demande au patient de contracter le muscle testé alors que le praticien bloque le mouvement. Par exemple, lors du test du jambier postérieur, vous devez amenez le pied en flexion plantaire ainsi que vers l’intérieur (le jambier postérieur a une action d’adducteur et rotateur interne du pied).
La fracture de fatigue et la périostite sont deux entités distinctes : seule l’IRM pourra les distinguer. En effet, bien que survenant dans le même contexte sportif, dans le cas de la périostite, c’est un phénomène de traction des fibres musculaires qui tirent sur les insertions sur la couche superficielle du périoste la dissociant des couches profondes. Alors que dans le cas des fractures, il s’agit plutôt de contraintes répétitives.
Dans les deux cas, le repos est indispensable : 3 mois minimum pour les fractures, un peu moins (6 à 8 semaines) pour les périostites. Pour les fractures, il peut même y avoir une mise en décharge du membre inférieur ainsi qu’une immobilisation. La rééducation des périostites est importante afin d’étirer les muscles coupables. Enfin, reprise du sport très progressive en surveillant les appuis et les douleurs séquellaires qui pourraient survenir. Le port de semelles adaptées est également très utile.
Lésion myofasciale ?
2.11.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Des nouvelles d’un de mes joueurs préférés (également de ma femme et ma fille!) : Grégory Coupet. J’ai lu dans “L’équipe” du 25 octobre 2008 que “L’ancien lyonnais ne sera pas du déplacement demain à Villarreal, le troisième du championnat. Le gardien souffre toujours d’une lésion myofasciale.”

Je n’étais pas trop avancé sur la nature de la pathologie qui empêchait Greg de jouer; en tapant “lésion myofasciale” sur le moteur de recherche de Google, je me suis aperçu que sur les 10 premières réponses de la première page, 7 concernaient la blessure de Coupet (pas plus précises), les 3 autres ne m’avançant guère dans ma recherche.
Est-ce que Grégory Coupet souffre d’une maladie rare ou orpheline et qu’il soit le seul au monde à en souffrir ?
A priori, la localisation serait au niveau de la cuisse, “myo” concernant le muscle, “fascia” la gaine de tissu conjonctif qui entoure le muscle. On retrouve souvent cette pathologie au niveau tibial dans le syndrome des loges chez les sportifs, due au surentraînement. Le développement de la masse musculaire engainée dans le fascia inextensible, augmentant la pression intramusculaire et provoquant une douleur de type “point gâchette”. Je vous renvoie à un article très intéressant sur les lombalgies du sportif écrit par Mehmet Tuncay DURUÖZ et Serge POIRAUDEAU paru dans la Revue du rhumatisme [SuppL Pédagogique] en 1998 :
[…] Le syndrome myofascial est un syndrome douloureux qui provient d’un muscle et en particulier de façon très caractéristique d’un point gâchette.
L’origine du point gâchette serait attribuable à une activité physique mettant en tension de façon spécifique un muscle soit par étirement brusque soit par une situation de surmenage par contractions répétées excessives ou par maintien du muscle en position raccourcie prolongée. La pression du point gâchette provoque une douleur sourde et profonde ainsi qu’une irradiation propre à chaque muscle atteint.
Des critères de diagnostic ont été proposés pour ce syndrome. Les 5 critères majeurs associent:
une douleur régionale;
une sensibilité altérée dans le territoire de la douleur référée du point gâchette;
la présence d’une bande tendue palpable dans le muscle;
un point de douleur exquise le long de la bande tendue;
un certain degré de limitation de l’amplitude articulaire.
Il existe également trois critères mineurs :
la reproduction de la douleur connue du patient par la pression directe du point douloureux;
la provocation d’une réponse locale par la palpation transverse du point douloureux ou lors de l’insertion d’une aiguille dans le point gâchette;
le soulagement de la douleur par l’étirement du muscle ou par l’injection, avec un produit anesthésique, du point gâchette.
Plusieurs syndromes myofasciaux ont été décrits notamment celui du carré des lombes, de l’iliocostal et du petit fessier. La prise en charge thérapeutique de ces syndromes myofasciaux associe le repos sportif, l’étirement des muscles impliqués et l’injection des points sonnettes par un anesthésique local […]
A la lecture de cet article, me voilà rassuré; cette pathologie n’est due qu’à un surentraînement sportif et le traitement passera forcément par le repos et l’arrêt de la musculation. Et surtout, étirez-vous! On ne dira pas assez les bienfaits des étirements (Mézières, stretching ou autre) sur le corps.
Dans l’article qui suit, je vous parle des fractures de fatigue et des périostites qui sont elles aussi une résultante du surentraînement.
Reprise après un claquage : réponse
28.9.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Suite à mon article sur les claquages en avril 2008, un internaute m’expose son problème (voir son commentaire) et voudrait connaître le délai de reprise sportive.
Il est toujours très difficile de donner des délais précis, d’autant plus en ne connaissant pas la personne et ne pouvant pas la tester cliniquement. De plus, nous n’avons aucune indication sur les examens effectués.
Tout ce que je peux dire, c’est qu’il faudrait au minimum une échographie initiale afin de juger de la gravité de la déchirure et une actuelle afin de définir l’état de cicatrisation des fibres musculaires. Si le radiologue confirme cette cicatrisation, alors la reprise sera possible sous couvert d’étirements avant et après l’effort.

La question étant de savoir à quel moment reprendre les matchs, je pense qu’il faut compter au minimum 3 semaines d’entraînement. Je vous laisse également relire l’article sur le claquage qui traite de la conduite à tenir dans l’urgence ainsi que de la rééducation.
Bonne reprise,
La canne du Dr gregory House (suite)
25.7.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Suite à des discussions à bâtons rompus entre amis au sujet de l’article concernant le Dr House et sa boiterie, on m’a dit qu’il valait mieux porter sa canne du même côté que le membre lésé parce que ça paraissait plus logique et que l’armada des scénaristes américains ne pouvaient se tromper !

Alors, je me suis posé la question : “Pourquoi le Dr House marche avec sa canne à droite ?”
Je crois avoir une réponse (mais je ne suis pas contre d’autres réponses via les commentaires): je pense, en effet, que si le Dr House porte sa canne du même côté que sa cuisse douloureuse, c’est pour mieux boiter ! Quoi de plus visuel, sur le petit écran, qu’un homme claudiquant et grimaçant à la moindre enjambée. Quel intérêt, aurait-on, à passer sa soirée à regarder un homme marcher avec des appuis équilibrés soulageant toutes ses douleurs ? D’ailleurs, on ne voit jamais le Dr House aller chez son kiné et faire sa rééducation !
La pubalgie
22.7.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans le “Midi Libre” du 22 juillet 2008 : “Valbuena opéré. Le milieu offensif de l’OM, Mathieu Valbuena, a été opéré hier d’une pubalgie dans une clinique de Bordeaux. Il devrait être absent des terrains environ six semaines.”

La pubalgie est toujours un problème pour les kinés, au même titre que les autres tendinites qui imposent un repos strict de 6 semaines minimum (que les sportifs ont du mal à respecter…), avec en plus une difficulté à cerner le siège de la lésion : s’agit-il des adducteurs de la cuisse, des insertions inférieures des abdominaux, d’une arthropathie de la symphyse pubienne ou des trois à la fois!
Dans tous les cas, il s’agit d’un dérèglement des tensions musculaires qui va provoquer une souffrance au carrefour qui est le bassin : des douleurs au bas ventre ou au niveau inguinal lors de mouvements contrariés du tronc ou de la cuisse.
Premier traitement : le repos strict pendant 6 semaines. Difficile de demander cela à une personne sportive, d’autant plus qu’au bout d’une semaine la personne se sent déjà mieux et ne comprend pas qu’il faille encore attendre 5 semaines avant de reprendre son sport favori (et que dire du haut niveau ou des professionnels!).
Deuxième traitement : la rééquilibration des tensions musculaires. Protocole à base d’étirements doux (dans un premier temps en respectant la règle de non douleur) de tous les muscles ayant une insertion sur le bassin.
Troisième temps : la mobilisation de la symphyse pubienne. Les différentes tensions musculaires provoquent une pression au niveau de la symphyse qui crée une arthropathie (on peut voir, très souvent une image radiographique en “timbre poste” (un peu dentelée) de la symphyse). Une normalisation peut être nécessaire par un exercice simple d’ouverture et de fermeture contrarié par le kiné des deux cuisses (on entend parfois un “clac”) qui va faire jouer cette articulation.
Quatrième traitement : la remusculation. Il s’agit d’être le plus symétrique possible afin d’équilibrer les tensions au niveau du carrefour qui est le bassin. Le travail sera dans un premier temps isométrique (tenir une position sans bouger pendant 10 secondes) notamment sur les adducteurs et les abdominaux (surtout les obliques). Mais il ne faut pas négliger les muscles postérieurs de la colonne lombaire qui vont contribuer à stabiliser l’équilibre du bassin. C’est du gainage.
Cinquième traitement : la reprise du sport. Il faut d’abord privilégier les sports en ligne (natation, vélo, course en terrain plat…). Ensuite, reprise de votre sport en restant à l’écoute de la moindre douleur.
En cas d’échec, c’est la chirurgie comme Valbuena ! Mieux vaut ne pas en arriver là ! Les suites opératoires seront les mêmes : 6 semaines d’arrêt strict, rééducation, remusculation, reprise des sports en ligne à 8 semaines…
Profitez bien de la trêve d’été pour bien vous étirez et prévenir cette pathologie bien embêtante !
Bonnes vacances.
La canne du Dr Gregory House
6.7.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Qui ne connait pas le Docteur House? Ce célèbre médecin de fiction officie depuis 5 saisons sur le petit écran. Ce médecin méthodique mais cynique, pareil à Sherlock Holmes, en plus contemporain, a quand même une petite faiblesse. Tout le monde l’a vu boîter, du fait d’une lésion ischémique du quadriceps de la cuisse droite.

Mais vous êtes-vous aperçu que le célèbre Dr House, si performant dans ses diagnostics, s’est trompé dans la façon de marcher avec sa canne ? En effet, il devrait pour marcher correctement, porter sa canne à gauche ! Et non à droite, comme il le fait !
Et oui ! Plusieurs méthodes sont possibles pour marcher avec des cannes :
Soit vous prenez deux cannes et vous avancez en même temps les cannes et la jambe lésée, ce qui permet de la soulager et d’éviter également de se faire “mal au dos”.
Soit vous gardez toujours ces deux cannes, et vous alternez les cannes; canne gauche puis jambe droite puis canne droite puis jambe gauche : c’est la marche à quatre temps alternée.
Soit toujours avec les deux cannes : canne gauche avec jambe droite puis canne droite avec jambe gauche : c’est la marche à deux temps alternée.
Soit vous prenez une seule canne et alors vous l’avancez en même temps que la jambe opposée lésée : c’est le cas du Dr House. En effet, si vous la mettez du même côté, vous allez accentuer la claudication et provoquer des douleurs importantes au dos. De plus, quand vous prenez la canne du côté opposé, vous créez une sorte de trépied formé par les deux pieds et la canne qui va augmenter la stabilité et limiter le risque de chute. Ma femme me précise qu’elle trouve cela incohérent et pourtant c’est la meilleure façon de marcher ! Cela fait partie de notre travail de rééducateur que de corriger le patient.
Bonnes vacances et ne boîtez plus !
Rupture du tendon d’Achille
1.6.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “Le Progrès” du jeudi 29 mai 2008 : “Olivier Milloud, le pilier international de Bourgoin, s’est sérieusement blessé ce mercredi matin au tendon d’Achille droit, probablement une rupture d’après le médecin du club Jean-Jacques Allagnat, qui pourrait l’éloigner des terrains durant six mois.[…]”

La rupture du tendon d’Achille, c’est la “plaie” des kinés! Pas que ce soit compliquée à rééduquer, mais le risque de récidive est tellement important qu’il faut à tout prix “cadrer” le patient afin qu’il comprenne et respecte les périodes sans appui, les périodes d’appuis progressifs et les délais de reprise au sport qui ne peut être inférieur à 6 mois. Il faut compter pratiquement une année pour reprendre la compétition!
Dans le cas d’une rupture, la chirurgie est obligatoire : deux méthodes sont possibles en fonction de l’état du tendon. Si la rupture est nette, il existe une technique percutanée avec un système de fils et de petits harpons (tel un fil et un hameçon que l’on passerait dans l’un des bouts du tendon et que l’on tirerait pour l’amener contre l’autre bout, voir l’article très bien fait sur la chirurgie mini-invasive du Docteur Yves Rouxel). Sinon, c’est la technique classique avec ouverture le long du tendon, dans le cas de tendon lacéré ou dans le cas de rupture diagnostiquée tardivement.
Ensuite, on reste sans appui pendant 6 semaines, le pied en équin afin d’éviter de tirer sur le tendon. Pendant les 6 semaines suivantes, je vous conseille de garder les cannes canadiennes pour éviter la boîterie.
La rééducation est très importante (voir également l’article sur la lésion du tendon d’Achille) : il faut mobiliser quotidiennement le tendon afin de la faire coulisser dans sa gaine en respectant la règle de non-douleur, allonger le muscle (les jumeaux et le soléaire), récupérer la mobilité de l’articulation de la cheville notamment en flexion dorsale. On va utiliser du laser, des ultrasons, des courants excito-moteurs, des massages, des étirements et une mise en charge progressive. Le vélo d’appartement est utile mais méfiez-vous du vélo en extérieur : le risque est de poser rapidement et fortement le pied au sol, c’est suffisant pour rompre la réparation.
Il faut compter pratiquement six mois pour espérer s’élever sur la pointe d’un seul pied sans aide! L’âge, également, sera prépondérant pour une reprise plus rapide. Pendant la convalescence, il faudra être très prudent : plonger dans l’eau du bord d’une piscine est suffisant pour récidiver, je l’ai vu!
Bon courage et patience…
Fissure du ménisque
25.5.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 24 mai 2008 : “Tsonga, la tuile […] Jeudi soir, quleques minutes après le succès aisé de Jo-Wilfried Tsonga sur l’espagnol Ventura, son préparateur physique, Cyril Brechbuhl, apposa une énorme poche de glace sur son genou droit […]”

Bien comprendre l’utilité du ménisque, voilà aujourd’hui le sujet de cet article.
Le ménisque sert d’amortisseur au niveau de l’articulation du genou : il y en a deux, un interne et un externe, qui sont posés sur la plateau tibial (l’os de la jambe) et qui ont une forme de “C” plus ou moins ouvert.

Sur la vue ci-dessus du Docteur Martzolff, on comprend bien, outre le rôle d’amortisseur, qu’ils augmentent la surface de réception du fémur et donc la stabilité du genou (on dit qu’ils augmentent la congruence articulaire). Quand il existe une atteinte des ménisques, il s’agit d’une fissure de l’un des deux ménisques. Un morceau du ménisque peut alors parfois “coincer” l’articulation tel un grain de sable dans l’engrenage, ou bien simplement faire souffrir le genou et le faire gonfler lors d’une utilisation trop intensive.
Quand on arrive à des blocages ou des inflammations trop fréquentes, le mieux est d’aller enlever, par arthroscopie, les morceaux qui gênent. Cependant, il faut savoir que plus on vous enlève un gros morceau, plus les chances d’avoir de l’arthrose plus tard sont importantes. C’est pourquoi, il faut attendre le plus longtemps possible avant de se faire opérer. En 1963, mon père s’est fait opérer des ménisques; à l’époque, on ouvrait entièrement l’articulation et on enlevait la majeure partie du ménisque avec des suites opératoires très longues et douloureuses. Aujourd’hui, il marche avec une prothèse totale du genou… Ce sont des cas extrêmes, mais ils expliquent bien l’importance des ménisques dans l’articulation.
En conclusion, mettez au repos vos genoux dès qu’ils souffrent. Privilégiez le rodage articulaire sur le vélo (d’appartement ou de route) et plutôt la natation (sport en décharge), ainsi que les étirements (moins de tension égale moins de pression dans l’articulation). Et si vraiment ça ne passe pas, prenez rendez-vous avec votre chirurgien en espérant qu’il pourra préserver au maximum les ménisques (reprise du sport à 6 semaines). Limitez aussi les infiltrations qui masquent la douleur et qui ne vous motivent pas à vous reposer.
Reprise après un claquage
13.4.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du 12 avril 2008 : “[…] après sept semaines d’absence (claquage à la cuisse gauche), Lionel Messi est de retour avec une semaine d’avance […]”

Enfin des délais cohérents ! Systématiquement, mes patients ont l’impression d’être moins bien traîtés que les sportifs de haut niveau ! On a toujours l’idée que les pros se remettent plus vite que les gens “comme tout le monde”. Certes, leur soins sont plus fréquents et rapprochés. Ceci étant, le temps de cicatrisation est le même pour tout le monde : 6 semaines pour une déchirure musculaire plus le temps de reprise, soit 8 semaines… comme Messi (à 7 jours près !).
En ce qui concerne le traitement de rééducation, je vous laisse vous reporter à l’article “Claquage à la cuisse droite“. A la reprise, je ne saurais trop vous conseiller de vous étirer le plus régulièrement possible. IL est important d’étirer le quadriceps (siège de la lésion), mais aussi le muscle antagoniste, dans ce cas les ischios-jambiers. C’est comme les haubans (les câbles qui soutiennent le mât d’un bateau), si le babord est trop tendu, le tribord le sera également :

Le mât étant représenté par le fémur, le hauban babord par le quadriceps et le hauban tribord, les ischios.
Le plus simple pour étirer le quadriceps est de se tenir debout et ramener le pied sur la fesse. Tenez la position 20 à 30 secondes en restant bien droit.
Pour les ischios-jambiers, mettez le pied sur une chaise (plus haut si vous êtes souple !) et penchez-vous en avant en tenant la position pendant 20 à 30 secondes.
Je vous ferai prochaînement un programme d’entraînement axé sur les étirements.
C’est très simple, mais faut-il encore le faire ! Alors, bon courage et persévérance !
Les bâtons de randonnée
30.3.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe Magazine” du 29 mars 2008 :” EST-CE VRAIMENT UTILE ? […] Pendant la descente, ils favorisent la stabilité et réduisent les risques de chute tout en diminuant les chocs répétés sur les genoux et le dos. Leur utilisation est particulièrement recommandée pour les longues marches avec un sac lourd. Nous vous conseillons d’utiliser deux bâtons.”

Je suis entièrement d’accord avec Laurence LARRIERE (l’auteure de cet article) sur le fait qu’il faut absolument utiliser des bâtons de marche lors des randonnées, plus particulièrement celles en montagne à fort dénivelées.
Bien sûr, le premier intérêt est la sécurité qu’ils procurent. Par ailleurs, ils jouent un rôle préventif en évitant les chondrites rotuliennes, appelées aussi syndrômes rotuliens (voir l’article “La rotule“).
Quand vous descendez (pentes, escaliers, flexions…), le genou se fléchit et la pression sur le cartilage de la rotule augmente de manière très importante.

Si, de plus, vous avez des jambes en X (en genu valgum), il va y avoir une inflammation du cartilage de la rotule qui va provoquer des douleurs à la pointe de cette dernière. En utilisant des bâtons, vous décharger vos genoux et limitez les pressions. Dès le mois d’août, je reçois au cabinet des patients (en majorité des femmes, genu valgum oblige) qui rentrent d’une rando de 7 jours avec 800 mètres de dénivelé par jour. Au bout du troisième jour, des douleurs commencent à apparaître au niveau du genou…
Ensuite, c’est le traitement classique de la chondrite rotulienne. Avant d’en arriver là, je ne peux vous conseiller qu’une chose : limitez la pente et le dénivelé, et prenez des bâtons. Et surtout, étirez-vous avant et après l’effort ! Cela limitera les problèmes !
Bonne rando !
Ligament croisé antérieur : à quand la reprise ?
2.3.2008 par C.T.M.S Part Dieu.
Lu dans “L’équipe” du dimanche 2 mars 2003 : “ALLÉLUIA, Mary Pierce va bientôt rejouer ! Après seize mois d’errance, de Vail à Londres, de Paris à Bradenton via Munich, la Française semble avoir enfin consommé cette rupture des ligaments du genou gauche qui n’en finissait plus de gâcher sa vie depuis le tournoi de Linz, en octobre 2006. De rechute en complication, la grave blessure avait mué en douloureuse meurtrissure.”

Après une rupture du ligament croisé antérieur opérée, se pose la question des délais de reprise du sport. A l’origine, le délai de 6 mois est incompressible. En effet, après deux mois de rééducation intensive (5 fois/semaine), on passe à 3 fois/semaine pendant les deux mois suivants, puis 1 ou 2 fois/semaine jusqu’au sixième mois, date de la reprise. Ensuite, cela va dépendre du sport pratiqué : natation, vélo… pas de problème. Pour les sports collectifs, on attend huit à dix mois. Pour le ski, douze mois, du fait du bras de levier du ski qui crée une torsion importante du genou.
Cela va dépendre également de l’âge du patient : en dessous de 30 ans, la récupération du muscle se fait sans problème. En revanche, au-dessus de 30, c’est autre chose. Il faut “charger” beaucoup plus pour récupérer, ce qui implique des douleurs tendineuses beaucoup plus importantes. Si la rééducation est mal conduite, on peut facilement se retrouver avec des douleurs à la pointe de la rotule de type chondrite rotulienne (déséquilibre musculaire entre le vaste interne et le vaste externe).
Pour ma part, ayant été opéré en mai 2003 à l’âge de 41 ans, j’ai attendu 10 mois pour reprendre le squash malgré une rééducation bien conduite, et 13 à 14 mois pour ne plus rien ressentir…
En conclusion, il faut être patient ! Surtout, ne pas vouloir brûler les étapes de rééducation, respecter les douleurs et les délais.